Les élèves de TG4 et TG7 au mémorial de la Shoah

, par Pierre Brodin

Les lundis 14 et 21 novembre 2022, les élèves de TG4 et TG7 ont pu prolonger le cours sur la Seconde Guerre mondiale sur le terrain en suivant deux parcours différents encadrés par le Mémorial de la Shoah.

[**Les élèves de TG7, accompagnés par Mme Daudet, se sont ainsi rendus à Paris puis à Drancy pour suivre un chemin mémoriel leur permettant à la fois d’aller sur les sites en lien direct avec le génocide juif en France tout en réfléchissant à la fonction des lieux de mémoire (concept crée par l’historien Pierre Nora dans les années 1980) et à la politique mémorielle menée par la France depuis la fin de la guerre.*]
Le parcours a commencé autour de l’événement que fut la rafle du Vel d’Hiv. Cette arrestation fut la plus grande arrestation de Juifs en France durant la Seconde Guerre mondiale. Plus de treize mille personnes, dont près d’un tiers d’enfants furent arrêtés, détenues au Vélodrome d’Hiver avant d’être envoyées vers le camp d’extermination d’Auschwitz. Cette rafle fut décidée par l’Etat allemand dirigé par Hitler et effectuée par des policiers et gendarmes français, le tout validé et encouragé par le régime de Vichy.

De cette rafle, perçue comme événement majeur du génocide en France et de la collaboration française, il reste aujourd’hui différents mémoriaux, pas forcément très connus et bien discrets eu égard aux nombreuses victimes, mais qui existent bel et bien.
C’est ainsi que les élèves ont pu découvrir dans le XVème arrondissement de Paris, un monument réalisé par le sculpteur et peintre polonais Walter Spitzer (déporté à 16 ans) en 1994. Ils ont alors pu y écouter les explications de Sophie, médiatrice au Mémorial de la Shoah, sur l’histoire et le descriptif de ce monument représentant sur un socle en béton de forme incurvée (rappelant le vélodrome) des civils innocents victimes de la rafle.

Le parcours nous a ensuite conduit vers une plaque commémorative de la rafle, boulevard de Grenelle, datant de 1986 puis vers un jardin, situé à l’emplacement de l’entrée de l’ancien vélodrome, aujourd’hui totalement disparu. Ce jardin se veut un lieu d’hommage envers les enfants déportés avec un mur où le nom et l’âge des enfants victimes de cette rafle sont inscrits, de même que quelques unes de leurs photographies.

La journée s’est poursuivie au Mémorial de la Shoah, dans le quartier du Marais. Il s’agit d’un centre de documentation, d’archives avec différentes salles et une exposition permanente, crée en 2005. A l’intérieur, les élèves ont pu s’arrêter sur plusieurs « lieux de mémoire » : le tombeau du martyr juif inconnu (dans la crypte), le Mur des Noms qui représente les Juifs déportés de France (76 000) ou le mémorial des enfants.

Le parcours a pris fin par la visite d’un dernier lieu de mémoire, situé en Seine-Saint Denis, plus exactement à Drancy, en compagnie d’Alix, notre nouvelle médiatrice culturelle. Drancy fut durant la Seconde Guerre mondiale le lieu d’un camp d’internement (ouvert en 1941) principalement pour les juifs arrêtés avant d’être ensuite déportés vers les camps d’extermination. C’est ici de que de
nombreuses personnes de la rafle du Vel’ d’Hiv’ furent internées avant Auschwitz. Il s’agissait alors d’un immeuble construit dans les années 1930, constitué de quatre étages, autour d’une cour. Des barbelés furent installés tout autour. 700 000 personnes furent internées ici. Particularité importante, ces barres d’immeubles sont aujourd’hui occupées, en effet, entre 600 et 700 personnes y vivent actuellement.

Dans le hall de ces habitations, trois plaques (discrètes) évoquent ce qui fut pourtant un des principaux camps de transit de la guerre en France.

Les élèves ont ensuite pu découvrir, à proximité de la cité, un wagon de la SNCF, semblable à celui qui servait aux déportations, puis un mémorial, réalisé par un artiste polonais déporté à 14 ans, ayant survécu à neuf camps et deux "marches de la mort". Les évasions de ce camp furent rares comme la plaque ci-dessous en témoigne.

La journée s’est ensuite terminée dans le mémorial de Drancy, situé en face de la Cité de la Muette et inauguré en 2012. Il se veut être un musée complémentaire à celui de Paris et vise à retracer l’histoire du camp de Drancy et de ses déportés par des cartes, dessins, des témoignages et des films.
Une semaine plus tard, ce fut au tour des TG4, avec M. Garcia, de partir sur un autre circuit, à caractère également mémoriel mais davantage axé sur la résistance.
Tout comme les TG7, les élèves ont commencé par une visite du Mémorial de la Shoah mais faite de façon un peu plus approfondie à travers un parcours retraçant le génocide, de ses origines (antisémitisme) jusqu’aux procès des responsables de ces massacres. Les élèves ont pu voir différentes pièces comme une maquette du ghetto de Varsovie, des fiches de recensement juif et bien d’autres :

La deuxième partie de la journée s’est déroulée au Mont-Valérien, site dans le département des Hauts-de-Seine. Pour l’atteindre, il faut grimper un peu car c’est une colline française culminant à 161 mètres.

Lieu de culte médiéval devenu forteresse militaire au cours de XIXème siècle, le Mont-Valérien a été le principal lieu d’exécution de résistants et d’otages en France par l’armée allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. Après la guerre, le site est choisi pour honorer la mémoire des morts pour la France de 1939 à 1945, et, le 18 juin 1960, le général de Gaulle y inaugure le Mémorial de la France combattante. Deux guides ont permis aux élèves de mieux comprendre ce site et ses composantes.
Elles ont ainsi amené les élèves dans la clairière, là où les otages étaient fusillés, en ligne.

Puis dans une chapelle : c’est ici, qu’en attendant l’exécution, les prisonniers étaient enfermés. Ils pouvaient une dernière fois se recueillir et écrire à leurs proches.
Certains ont laissé sur les murs des messages, des graffitis, encore visibles. Dans cette chapelle, se trouve aussi des poteaux qui ont servi aux exécutions ainsi que les caisses
en bois dans lesquelles les fusillés étaient transportés dans les cimetières les plus proches après leur exécution.

En face de cette chapelle, les élèves ont pu observer une énorme cloche, inaugurée en 2003, afin de rendre hommage aux fusillés du Mont-Valérien, soit plus d’un millier. Seuls des hommes y figurent car pour les nazis, les femmes n’étaient pas fusillées car pas « battantes ». Elles étaient donc guillotinées.
La visite s’est poursuivie dans la crypte, où se trouvent 15 cercueils avec 15 personnes, toutes anonymes, mais symbolisant toutes à leur façon la résistance. Parmi elles, il y a le dernier combattant de la Libération, Hubert Germain, mort en 2021. Ce
mémorial a été voulu et inauguré par De Gaulle dès la fin de la guerre.
Le parcours s’est terminé sur le parvis, autour de la flamme éternelle, posée sur un bouclier, flamme qui ne s’éteint jamais, en hommage aux résistants, dont les convictions ne se sont jamais éteintes et ce au péril de leur vie pour beaucoup.

Un grand merci aux élèves de TG4 et de TG7, exemplaires durant ces visites, et qui ont fait preuve d’écoute et de sérieux, malgré des conditions climatiques difficiles, ainsi qu’à toutes les médiatrices qui par leurs explications détaillées et très claires ont permis aux élèves d’en apprendre davantage sur tous ces sujets.